Pendant que le L7 procède à la cérémonie de remise du prix, le groupe de Mei-lin se retrouve dans le parking du circuit pour discuter de leur enquête sur lui. Après avoir discuté et fait des recherches pendant un moment, cette enquête ne progresse pas davantage.
Alicia – Impossible d’obtenir la moindre info ; même Internet ne nous en dit pas beaucoup sur lui.
Rafael – Ça, ce n’est peut-être pas un hasard.
Jules – En plus, on ne peut pas fouiller sa voiture (elle est sécurisée), on n’a aucune idée d’où il peut habiter exactement, et on ne peut pas non plus le forcer à tout nous expliquer : chaque fois qu’on essaye, il tente de s’enfuir sans rien nous dire.
Alicia – Si on veut faire progresser l’affaire, il faut qu’on trouve une autre stratégie.
Mei-lin réfléchit quelque secondes avant de prendre la parole
Mei-lin – Je crois que j’ai une idée, et je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt.
Jules – S’infiltrer dans sa voiture pour être conduit directement vers sa base ? C’est un peu risqué.
Mei-lin – Non, c’est essayer de le suivre de loin pour savoir ce qu’il fait de l’argent gagné grâce aux courses, voire, où se trouve sa base secrète, par exemple. Tout ce qu’il nous manque, c’est un ou une volontaire. Du coup, qui se porte volontaire ?
Rafael – Moi je ne peux pas, je dois aider des collègues au garage, on est à la bourre sur la réparation d’un truc.
Alicia – Moi, ma mère a insisté pour que je vienne avec elle rendre visite à la sienne avant le grand-prix.
Jules – Moi aussi j’ai un truc. C’est… un business, un boulot, un rendez-vous d’affaire qui…
Mei-lin – Jules ! Arrête, j’ai compris. Bon bah puisque c’est comme ça, ce soir, j’irais faire avancer l’enquête toute seule.
La nuit est tombée. Mei-lin est dans le Raptor Boost et attend que le Lightning 7 quitte le circuit. Ce dernier finit par se montrer et passe sans l’apercevoir. Mei-lin suit alors la machine jaune pendant un moment. Elle ne perçoit pas le moindre comportement suspect. Le Lightning 7 se dirige vers la banlieue ouest de la ville et s’arrête à proximité d’une ruelle. Il sort de son cockpit avec un gros sac sur le dos. Mei-lin sort à son tour de sa machine et l’interpelle.
Mei-lin – Eh, L7 ! Qu’est-ce que tu viens faire ici ?
Louis – La vraie question est : qu’est-ce que toi tu viens faire ici ?
Surprise par cette réponse inattendue, Mei-lin ne sait pas trop quoi répondre. Mais elle reste calme et avoue.
Mei-lin – Ton comportement suspect m’a poussée en tant que meneuse d’enquête à découvrir ce que tu trafiques.
Louis – Tu veux vraiment le savoir ? Viens, suis-moi.
Mei-lin – Dans le sac, il y a quoi ?
Louis – De la nourriture. Tu vas tout comprendre.
Les deux entrent dans la ruelle. Là, Mei-lin découvre une famille, un père et une mère avec trois jeunes garçons. Tous sont vêtus de vieux vêtements sales et dorment dans une grande tente complètement usée par le temps. Louis est accueilli gentiment par cette famille qui semble le connaître. Puis il sort de son sac la ration de nourriture qui leur est destinée.
Père de famille – Merci beaucoup L7, on commençait à se demander si nous allions pouvoir manger ce soir.
Louis – J’ai aussi pensé à un éventuel petit-déjeuner.
Père de famille – Vous êtes vraiment aimable, comment peut-on vous remercier ?
Louis – Je veux juste un max de soutien dans ce que je fais pour vous et pour les autres.
Père de famille – Mes fils sont impatients de vous voir gagner la prochaine course, ils sont tellement fans de vous.
Louis – Je resterais bien leur faire passer un bon moment, mais j’ai aussi d’autres personnes à aider.
Les deux se disent à bientôt, puis le L7 part continuer sa tournée. Mei-lin le suit, un peu choquée de ce qui vient de se passer : un pilote de F-zéro qui aide des personnes qui vivent dans la misère, c’est du jamais vu.
Mei-lin – Tu achètes de la nourriture à tous ces gens sans logement et sans travail ? Je savais que tu étais généreux, mais pas à ce point-là.
Louis – Ceux qui n’ont jamais connu la misère peuvent difficilement comprendre. La plupart de ceux qui y vivent n’arrive pas à en sortir tout seuls et personne ne veut les aider. Ces pauvres gens mènent une vie difficile, leurs conditions sont catastrophiques et la plupart sont même contents de mourir. D’autres choisissent de devenir criminels pour faire subir aux autres le mal qu’ils ont dû subir. Et moi, je suis là pour aider ceux qui en ont besoin, et pour rappeler aux criminels que ce n’est pas bien d’être méchant. Tu vas certainement me dire qu’aujourd’hui tout ça ne concerne que 5% de la population, certes, mais c’est quand même 2 millions de personnes qui vivent dans ces conditions, et ce n’est pas rien.
Même si l’enquête ne semble pas avancer davantage, Mei-lin comprend au moins une chose que ce garçon à de spécial. Elle se rend également compte qu’il est probablement le seul chasseur de primes, et surtout le seul pilote de F-zéro, à se soucier de ça.
Mei-lin – Ben ça alors, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi fidèle. C’est donc ça que tu entends par trop riche quand tu refuses un nouveau sponsor ? Décidément, tu ne cesseras jamais de nous surprendre. Si tu veux, je peux te donner un coup de main ce soir.
L’enquêteuse souhaite en fait le suivre en espérant obtenir d’autres éventuelles informations, mais Louis sait se méfier quand il le faut. Mais il n’a rien à lui cacher pour l’instant.
Louis – D’accord, je veux bien. Merci !
Après avoir donné leurs rations à quelques autres familles, ils arrivent devant une boulangerie où le L7 est interpelé par un afro-américain de 14 ans tout au plus du nom de Clément.
Louis – Bonjour, Clément. Tu as besoin d’aide ?
Clément – Oui, j’aurais bien acheté du pain moi-même, mais on est en manque d’argent en ce moment. Est-ce que je peux avoir une paire de baguettes ?
Louis – Bien sûr, donne-nous un instant.
Louis entre dans la boulangerie avec Mei-lin. Il en profite pour lui en expliquer davantage.
Louis – lui c’est l’ainé d’un groupe de quatre orphelins. Leurs parents ont péri dans un attentat, ils se sont échappés par miracle. Désormais, ils vivent dans une maison abandonnée où ils n’ont que leur grand-frère comme chef de famille.
Le boulanger lui donne la baguette qu’il a demandée et le laisse sortir après l’avoir fait payer.
Louis – Tiens, Clément. J’ai ajouté des petits croissants pour votre éventuel petit déjeuner.
Clément – Merci beaucoup, que Dieu vous bénisse.
Et il part apporter le diner à ses frères et sœurs.
Louis – Ma soirée va être encore longue. Je te conseille d’aller te reposer parce que demain aura lieu le grand-prix laps200 et je ne vous ferais pas de cadeau une fois sur la piste.
Mei-lin – Eh bien, bonne nouvelle : nous non plus.
Louis – Alors, je sens que cette course va être d’enfer, encore plus que l’an dernier. Allez, bonne soirée ! Sur ces quelques paroles, le L7 monte dans sa machine et s’éloigne de Mei-lin. Cette dernière n’a pas pu faire avancer l’enquête mais elle se dit qu’elle doit se concentrer sur l’instant présent.