Chapitre 3 : Comme un père et son fils

Le lendemain, Louis retrouve plusieurs employés de ses sponsors au nouveau bar de Raisin Sec. Il s’assoit à côté de Patrick, pas très loin de Théo. Le tenancier du bar passe sa commande puis le laisse discuter avec Patrick.

Louis – Alors, ce nouveau bar, c’est rentable ou pas ?

Patrick – Oh, tu sais, en ce moment, les affaires se déroulent sans pression. Alors autant dire que ce bar est plus que rentable pour le moment.

Tenancier – Votre jus de raisin, monsieur.

Louis – Merci.

Patrick – Au fait, le deuxième exemplaire du Lightning 7 est terminé. À ta prochaine course, tu auras plus à te soucier de ta survie que de celle de ta machine.

Louis – Il faut quand même que les pièces importantes survivent en cas d’accident ; sans elles, le Lightning 7 sera beaucoup moins surprenant contre les criminels.

Soudain, la télé du bar attire l’attention de Patrick : les infos parlent de l’évasion de Roland hier. L’exploit du L7 a été enregistré par la police. Louis ne montre cependant aucune fierté ; il continue de boire son verre sans y faire attention.

Patrick – Je vois que tu as encore pris les choses en main. C’est toujours pareil avec toi dans les parages : la justice, la gentillesse, les forts protègent les faibles, tout ça tout ça…

Louis – Si je ne le faisais pas, il n’y aurait personne pour le faire. C’est dans ma nature de faire attention au bien-être des autres.

Patrick – Mais dans quel but tu fais tout ça ? Quel est l’intérêt pour toi de faire tous ces efforts ?

Louis – J’essaye d’oublier mes problèmes en me consacrant à ce que je sais faire. Je veux juste être heureux avec ce que j’ai.

Patrick – Tu dis que tu trouves toujours la solution, mais tu ne fais que contourner les problèmes sans les arranger ! Ça ne marchera pas à chaque fois, pas avec ceux que tu veux comme amis, en tout cas !

Louis – Tu crois que je suis pas au courant ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?! Je passe mon temps à rouler à pleine vitesse, toujours en quête d’amis et d’adversaires, au sein des même villes, course après course, semaine après semaine, depuis des années ! J’ai… j‘ai l’impression de rouler sur des centaines de milliers de km sans jamais aller nulle part. Alors que mes adversaires, ils étaient fait pour cette course depuis le début ; ils se sont connus et ils ont réussi leur vie… Pas moi.

Patrick – La vie ne se déroule pas toujours comme on l’espère. Mais je pense que tu arriveras à aller plus loin avec eux en te montrant un peu plus ouvert.

Louis – D’un autre côté, je me dis que si j’accorde trop d’importante à mes propres intérêts, je ne prendrai plus soin de mon entourage comme je le fais aujourd’hui.

Patrick – J’ai toujours trouvé que tu ressembles beaucoup à ton père. Lui non plus ne participait pas à F-zéro pour lui, il le faisait pour moi et pour notre entreprise. Quand tu étais bébé, il voulait déjà que tu hérites de sa place dans la course… bien avant de périr sur Fire Field. C’était mon meilleur ami, et après sa mort, j’ai fait la promesse de devenir le père que tu n’as jamais eu.

Louis mène souvent cette conversation avec son PDG. Il n’a plus de parents depuis ses 15 ans. Il a mené une vie de solitaire, et n’est jamais parvenu à se créer une nouvelle famille. Selon lui, F-zéro est la seule chose qui a réussi à donner un léger sens à sa vie.

Il termine son verre et laisse un paiement sur la table avant de commencer à partir. Il entend soudain Théo faire une blague ratée à un de ses collègues.

Théo – Eh, Noah, s’il y a des noix, l’hiver sera froid !

Louis n’arrive pas à suivre Théo qui éclate de rire. Patrick – T’inquiète, moi non plus, j’ai jamais compris. Viens, il faut qu’on parle un peu de la prochaine course.

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