Chapitre 8 : L’image que l’on donne n’est pas toujours la bonne

Le soir, le groupe d’amis est invité au bar de Raisin Sec pour fêter les 10 ans de l’entreprise et de son jus de raisin. Il y a même un karaoké dans lequel le L7 peut passer beaucoup de temps. Mei-lin est assise devant le tenancier qui lui sert à elle et tous ses amis une petite tournée de jus de raisin payée par Louis. Patrick s’assoit à côté d’elle.

Patrick – C’est le L7 qui vous a ramenés ici ?

Mei-lin – Oui. On peut dire qu’il a enfin décidé de se dévoiler, lui qui agit toujours dans le secret, d’habitude.

Patrick – Vous n’imaginez pas la chance que vous avez d’avoir sa confiance. Louis est un chasseur de primes assez fermé et timide, qui a beaucoup de mal à se trouver une place dans ce monde qu’il déteste. Il n’a jamais cessé de se donner du mal pour aider et protéger les autres sans accorder d’importance à lui-même. Il ne cesse de se répéter qu’il n’a aucune raison de se soucier de lui. Il n’y a qu’à le voir chaque fois qu’il sort d’un combat, il finit toujours couvert de bleus et de brûlures, ou encore taché de rouge par des blessures dont il se soucie à peine.

Mei-lin – Nous ne l’avons pourtant jamais vu sous cet angle. Il dégage toujours une image positivement normale, pour un pilote F-zéro. Avec mon groupe, on s’est souvent demandé comment se fait-il qu’il soit aussi mystérieux, malgré sa popularité.

Patrick – Eh bien, ça se résume en un mot : communication. Faire partie des meilleurs pilotes de la course ne fait pas non-plus de lui un champion toutes catégories. Avec les années, j’ai bien remarqué qu’il ne laissait que très peu d’indices sur sa vraie personnalité. Tu as vu la tombe de sa mère, non ? Rien que ça, ça prouve qu’il a eu une enfance difficile ; les leçons ont été dures à apprendre pour lui.  Et désormais, que ce soit en course, dans son boulot de chasseur de primes ou n’importe où ailleurs, il fait tout son possible pour qu’on ne voie pas de lui le dépressif généreux faible qu’il a toujours été et qui n’est pas arrivé où il en est par hasard.

Mei-lin – Eh ben, je n’aurais jamais pensé ça de lui. Je n’ose même pas imaginer à quel point le monde doit être égoïste à ses yeux. Pourtant, là par exemple, il juste en train de chanter au karaoké sans dégager aucune émotion, tout à l’air d’aller.

Patrick – Exact, et c’est ça qui a tendance à nous tromper. Mais quand on s’intéresse un petit peu à ce qu’il chante, on peut se rendre compte qu’il choisit rarement ses chansons au hasard. Ecoute ça, par exemple…

L’attention des deux se porte sur la chanson.

Louis (chant) – Comme une étoile poquée dans la nuit
Je m’accroche à mon ciel et je survis
Moi qui aurais tant besoin d’une amie
Dans l’immensité de mon ennui
Comme tout l’monde, je cherche la même chose
Un peu d’amour sur mes ecchymoses
En attendant, j’tourne en rond dans la nuit
Aux alentours du Pizza Galaxie…

Et en effet, il semble vouloir faire comprendre quelque chose de façon énigmatique au travers de la musique.

Patrick – « Pizza Galaxie », qu’elle s’appelle, créée par les cow-boys fringants. C’est une jolie chanson, malgré la tristesse de ce qu’elle raconte.

Mei se sent légèrement transformée quand elle sort de sa discussion avec le père adoptif du pilote sur lequel elle enquête depuis des années. Le soir venu, Louis rentre dans sa base avec la simple idée de dormir, et cette dernière est allongée sur la droite du lit au centre de la chambre, celui dans lequel il dort d’habitude.

Louis – Oh, pardon, je te réveille ?

Mei-lin – Non, pas du tout.

Louis – Euh… je t’ai vue discuter avec Patrick, tout à l’heure. Vous aviez l’air intéressés par votre conversation, et ça me fait plaisir. Tout va bien ?

Mei-lin – Ben, j’ai cru comprendre que la vie était difficile de ton côté, malgré ce qu’on pourrait croire.

Louis – Oui, en effet, c’est un sujet duquel je discute beaucoup avec Patrick. Mais ce que j’ai vécu dans le passé appartient au passé, et aujourd’hui les choses se sont grandement améliorées ; alors, je veux profiter de l’instant présent. Mais c’est gentil de t’inquiéter pour ça.

Alourdi par la fatigue, il s’allonge à son tour à gauche du lit.

Louis – Il faut qu’on se repose : la prochaine course aura lieu dans deux jours, ici, à Big Blue.

Mei-lin – Tu veux que je sorte de ce lit ? C’est quand même le tien.

Louis – Bah, ce lit est assez grand pour deux, alors tu peux rester si tu en a envie ; mais tu fais comme tu veux.

Les deux se mettent alors dos à dos, et après plusieurs minutes, se laissent emporter par le sommeil dans la noirceur de la pièce. Après plusieurs années à tous courir sur le même circuit à chaque course, le L7 a enfin réussi à trouver un moyen de se rapprocher de ceux qu’il désire comme amis depuis tout ce temps. Pourtant, tout n’est pas encore réglé : il y a notamment toujours des criminels en liberté qui continuent de multiplier les attaques à travers la galaxie entière. Et bien sûr, nous ne savons peut-être pas encore tout du L7 ; notamment le nombre de possibilités que lui apporte ce pouvoir qui reste bien mystérieux. Quant à la course suivante, elle a lieu à Big Blue comme prévu sans aucun problème particulier, et c’est encore une victoire sans surprise du Lightning 7. F-zéro, cette compétition qui accompagne toutes ses aventures, comme le fil de l’histoire, ne s’arrêteront pas de sitôt.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *